LE CERCLE ÉLISÉE RECLUS
« L’Homme est la Nature prenant conscience d’elle-même ». Constituant le prologue du premier volume de son ouvrage « L’homme et la Terre », Élisée Reclus casse sans ménagement le dualisme culturel « homme-nature » hantant la pensée dominante de ce monde dit « civilisé ». Dès le milieu du 19e siècle, en pleine envolée industrielle, cet éminent géographe précurseur de l’écologie, penseur et militant anarchiste, exilé communard, soulignait déjà l’effondrement des équilibres fragiles de la nature sous l’action irréfléchie de l’homme. Le futur lui a malheureusement donné raison, lui donnant un statut de visionnaire ! Une courte présentation de la vie et de l’œuvre de ER suivra.
Le Cercle Élisée Reclus (C.E.R.) cherche à réunir des humanistes désirant réfléchir et apporter leur contribution à la résolution d’une crise systémique unique dans l’histoire. Cela contribuera, nous l’espérons, à l’édification d’un humanisme plus global capable de mieux appréhender la complexité du monde naturel auquel nous appartenons.
Il est frappant de remarquer, que même dans nos milieux privilégiés, et d’un niveau de formation élevé, peu sont prêts à remettre en question le paradigme de la croissance démographique ni celui de la croissance économique. Nous assistons sans réagir à des prises de pouvoir opérées par des entreprises internationales, pour lesquelles nous travaillons parfois, sur des ressources devant être considérées comme des biens communs, comme l’eau par exemple.
Mettant en parallèle les crises sociale et écologique dont nous sommes les témoins et acteurs, il serait illusoire d’ignorer la nécessité d’une approche systémique imposant une nécessaire réduction du consumérisme et un partage des biens et valeurs qui fondent notre humanité.
Alors, allons-nous continuer à laisser faire ? Allons-nous continuer à mentir, ruser et laisser croire à la population que tout finira par s’arranger ? C’est une question foncièrement politique au sens que, la Grèce antique donnait à « Polis » : une vie politique où dominent la parole et la publicité des débats.
Il semble que la seule voie possible pour changer de paradigme économique et politique soit de développer un imaginaire respectueux des équilibres écologiques - de la nature, du vivant - et surtout de faire en sorte que cet imaginaire nouveau soit adopté par la grande majorité des êtres humains.
Mais pour participer au débat, pour le comprendre il faut nécessairement en maîtriser l’objet. Et, dans ce cas, il est vaste puisqu’il s’agit de comprendre comment s’est développé, et fonctionne aujourd’hui, un système qui a mis l’Homme au centre de la nature pour la dominer et l’exploiter. Un système qui a uniformisé les individus, qui a ôté à l’humain sa part de créativité et d’originalité. Qui l’a rendu dépendant de concepts qu’il ne maîtrise pas : l’argent, le droit, l’économie, la politique, etc.
La démarche proposée par le CER est exigeante sur le plan moral. Elle invite ses membres à agir dans le sens de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Or ces valeurs ne peuvent être concrétisées si les fondations en sont détruites, celles-là mêmes qui constituent le socle de la vie.
Nous souhaitons sortir l’homme de sa torpeur et, ainsi, lancer une dynamique où le paradoxe sera roi, où il n’y aura pas toujours de bonnes réponses mais toujours de bonnes questions. Nous voulons, qu’ensemble, nous sortions de la pensée unique en utilisant cet espace de dialogue contradictoire et constructif. Ensemble, nous allons tenter de découvrir d’autres réalités- celles du passé, celles du présent – et de construire celles de l’avenir.
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