Quel(s) scénario(s) d’avenir ? (version du 6/12/2023)


Charleroi - 4 mai 2024
Nous ne sommes pas les propriétaires ou même les locataires de cette planète. Nous la squattons. Notre démographie est un facteur massivement aggravant des dégâts que nous lui infligeons et qui, pour une grande part, risqueraient d’être irréversibles. Aujourd’hui, l’environnement, par son délabrement accéléré et l’impact des crises systémiques qui vont nous déchirer demain matin, devient l’axe de toutes nos réflexions sur le changement de paradigmes qu’il nous faut mettre en œuvre de toute urgence.
La crise environnementale est intimement liée à la démographie mondiale. En valeur absolue, l’humanité est passée de 3 à 8 milliards de personnes en soixante ans (1960-2020), soit une multiplication par 2,3. En revanche, le monde des consommateurs au sein de cette population mondiale a enflé de 1 à 5 milliards environ sur la même période, c’est-à-dire par un facteur 5 ! La planète ne tiendra pas longtemps le coup.
    Quels sont les scénarios possibles pour l’épisode suivant de cette saga de l’humanité :
  1. Un effondrement démographique, résultant de guerres, de démantèlement des structures économiques et par conséquent de famines. Ce serait l’hypothèse dite « naturelle », dans la mesure où la population diminuerait du fait d’une très forte baisse de la fertilité et d’une non moins forte hausse de la mortalité (avec une réduction drastique de l’espérance de vie). Dans l’histoire de l’humanité, l’humanité s’adapte de la manière la plus brutale et sauvage aux pénuries, soit par la faim, soit par la guerre de rapine pour piller les voisins. Ici, nous parlons de conflits multiples et d’ampleur mondiale, avec son corolaire, des crises humanitaires nombreuses et massives, impossibles à gérer.
  2. Un ensemble de mesures autoritaires mises en œuvre par un pouvoir totalitaire (la politique de l’enfant unique en Chine avec son corolaire, l’infanticide des filles) ou interventionniste (le planning familial en Afrique, etc.). C’est l’hypothèse dite « politique », pour la stabilisation démographique. Aujourd’hui, on constate un retour à des politiques natalistes qui répondent à des considérations nationalistes et dans certains pays (généralement industrialisés) à des mouvements (par les jeunes) de dénatalité...
  3. La confiance dans la capacité de la science à réconcilier la démographie explosive avec les « limites planétaires » (ressources biodiversité, agriculture). C’est l’hypothèse « techno-économique », soit un pari sur l’avenir, avec l’arrière-pensée d’une corrélation bénéfique entre croissance démographique et croissance économique. Indéniablement, l’innovation technologique peut offrir des solutions, reste à déterminer si tout le monde, sur terre, pourra en profiter.
Ces trois scénarios peuvent déjà se rencontrer à des degrés variables dans différentes régions du globe, les avancées des uns pouvant être annulées par les régressions des autres, avec l’inquiétude de ce qu’une population prenne suffisamment d’importance pour exercer toujours plus de pouvoir sur les autres. Cet atavisme de la domination agressive fait malheureusement partie de l’humanité en tant que telle, depuis qu’elle existe.
Dans les débats que ces hypothèses suscitent, c’est la foire d’empoigne.
Malgré l’action de certains groupes de réflexion (comme le Club de Rome : rapport Meadows, Les limites de la croissance, 1972), ainsi qu’une très tardive prise de conscience de l’UE, d’abord empêtrée dans ses propres programmes de dérégulation économique, les enjeux environnementaux n’ont jamais passionné les foules ni sensibilisé les gouvernements. Le débat a dérapé par le désintérêt (la docilité) de l’opinion publique et la mainmise sur l’information de certains médias et réseaux sociaux plutôt sensationnalistes voire négationnistes, de groupes idéologiques ou politiques avides de pouvoir, ou encore d’intérêts économiques…
Le réalisme et le pragmatisme nécessaires au débat se sont perdus entre l’indifférence résignée et les gesticulations inarticulées. L’éthique de la communication (Habermas) doit être rétablie dans le dialogue entre les citoyens pour qu’ils puissent y voir plus clair dans l’examen des différents scénarios possibles pour restaurer l’espoir en un futur viable.
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